Nouveau nom, nouvelle identité graphique : de quoi relancer un site d’info qui affiche de grandes ambitions.

Fraichement nommée à la rédaction-en-chef du Huffington Post, la jeune Lydia Polgreen vient de lever le voile sur la première étape d’une ambitieuse stratégie éditoriale. A partir d’aujourd’hui, les 17 éditions nationales du site affichent un tout nouveau look et même un nouveau nom — on dit désormais « Huff Post » (même si tout le monde l’appelait déjà comme ça). Une étape symbolique pour ce pionnier des pure-players d’info, créé en 2005 par Arianna Huffington et bien connu pour ses chroniques d’opinion et son ton informel.

huff post redesign

Le nouveau logo du groupe, articulé autour du signe « slash ».

La nouvelle identité graphique du site s’articule autour du signe « slash », un symbole de la culture Web qui sera omniprésent pour incarner la marque Huff Post sur tous les supports. Le célèbre caractère diagonal devient ainsi le nouveau logo du titre (toujours entouré de vert fluo, pas d’inquiétude). Il sera aussi décliné sur l’imagerie des articles et notamment sur la page d’accueil, par laquelle 25% de l’audience accède au site.

La page d’accueil reste une pièce maitresse pour le groupe, dont la stratégie vise surtout à se distinguer visuellement des autres pure players. Le site va jouer encore davantage avec ses gros titres faisant écho à la presse people. Ceux-ci seront toujours incontournables, mais rafraîchis avec une nouvelle police de texte (Proxima Nova), plus ludique et dynamique, qui donne à la Une « des allures de « tabloid des années 70 » selon Julia Beizer, directrice des produits.

Surtout, les équipes du site ont souhaité que ces gros titres soient le plus largement diffusée sur la toile. Déjà très partagée par les lecteurs, la titraille du Huff Post (le fameux « splash ») sera désormais automatiquement accolée aux articles partagés sur les réseaux sociaux. De quoi alimenter une vraie machine à « memes ».

Sur les réseaux sociaux, la titraille fait partie intégrante des visuels accompagnant les articles.

Derrière ces changements en apparence cosmétiques, le site espère envoyer un signal de renouvellement après plusieurs années de flottement dans un marché de plus en plus concurrentiel. La marque Huff Post se repositionne donc sur ses fondamentaux — une info accessible avec des prises de position bien trempées — et le fait savoir.

L’ambition est grande pour Lydia Polgreen, dont l’ascension éclair a été particulièrement remarquée par la profession. Son objectif premier est de renouer la confiance avec les lecteurs, afin de faire du Huff Post le leader des pure players d’info dans le monde. Très marquée par les critiques post-Trump, la nouvelle rédactrice-en-chef affiche sa détermination pour reconquérir tous ceux qui se sentent oubliés par l’élite politique et médiatique. Au-delà du redesign, la prochaine refonte éditoriale sera donc autrement plus structurante. Parmi les pistes évoquées : un effort massif de reportage sur le terrain pour redonner la parole à la « majorité silencieuse », mais aussi l’exploration de nouvelles verticales sur des sujets clivants : minorités culturelles, éducation…

Il y a bien un air de déjà vu parmi ces annonces, tant les médias américains tentent de répondre au déluge de critiques post-électorales. Avec une marque globale bien implantée et un modèle gratuit qui semble résister, le Huff Post de Lydia Polgreen semble toutefois bien armé pour faire la différence.

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