Le site américain du Guardian dévoile un dispositif spécial pour la soirée électorale du 8 novembre. Pour la première fois, les lecteurs pourront suivre d’un coup d’oeil l’évolution des résultats, grâce une notification push actualisée en temps réel.

A l’approche du 8 novembre, jour décisif au terme duquel on verra Clinton ou Trump accéder à la Maison Blanche, rarement le suspense aura été aussi soutenu. Le monde entier semble suspendu au choix des électeurs américains et les médias seront aux avant-postes pour délivrer les résultats.

On l’a dit et répété, la campagne électorale qui secoue les Etats-Unis offre un mélange inédit de politique-spectacle qui interroge la légitimité et l’impact des discours médiatiques. Mais comme toute scrutin national, c’est également un moment fort stimulant pour proposer des innnovations éditoriales. A l’heure de la défiance généralisée envers les médias — une éditorialiste du Guardian parle justement d’un monde « post-vérité » où la véracité des faits ne structure plus le débat public —, il est toujours salutaire de réinterroger ses fondamentaux.

C’est sur ce terrain très exposé que le journal britannique The Guardian a décidé de se distinguer. Très présent aux Etats-Unis, le quotidien a mis en place un dispositif inédit pour suivre la soirée électorale depuis un terminal mobile. L’objectif : toucher de nouveaux publics et se repositionner comme une référence de choix auprès des jeunes générations.

Le 8 novembre, les utilisateurs de l’application mobile du Guardian pourront ainsi profiter d’un nouveau format de notification push actualisé en temps réel. On y retrouvera un baromètre des sièges engrangé par chaque candidat, accompagné d’indications sur l’état des dépouillements et du vote populaire. Ce module illustré permettra aux lecteurs d’accéder en un clin d’oeil aux dernières estimations de la rédaction.

Guardian Notification Election experiment

La notification qu’enverra le Guardian ce 8 novembre.

Une seule alerte sera donc envoyée au cours de la soirée, puis actualisée au fil des évènements. Le traitement est novateur, et surtout bienvenu à l’heure où les applications d’info multiplient les notifications, parfois jusqu’à l’overdose. A ma connaissance, c’est la première fois qu’un média utilise les possibilités offertes par les « rich notifications » à une telle échelle. La fonctionnalité n’est d’ailleurs disponible sur iPhone et iPad que depuis la sortie d’iOS 10 en septembre dernier.

Le projet est mené par le « Mobile Innovation Lab » du Guardian, créé en 2015 avec le soutien de la fondation américaine Knight. L’entité s’est déjà démarquée ces derniers mois avec des expérimentations notables, lors du Brexit et du premier débat Trump-Clinton.

Avec cette nouvelle tentative, le Guardian fait donc le pari de l’accessibilité et de l’instantanéité, afin de délivrer les résultats au plus grand nombre de citoyens. Notamment ceux qui ne seront pas spontanément scotchés à leur ordinateur ou leur téléviseur.

Pour le moment, le journal a restreint le dispositif sur la base du volontariat. Les mobinautes américains doivent ainsi activer le dispositif depuis l’application du Guardian, sur iOS ou Android. Depuis l’étranger, seuls les terminaux Android pourront recevoir les notifications. Seul un petit panel d’utilisateurs sera donc exposé à l’expérience. Mais je ne doute pas qu’un tel usage des notifications push, plus raisonné et moins sporadique qu’à l’accoutumée, saura trouver ses adeptes. A bon entendeur !

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