Le magazine Fast Company vient de rafraîchir le design de ses 4 sites. Rencontre avec Cliff Kuang, l’artisan de ce projet définitivement « agile ».

LOST IN TRANSITION : Comment avez-vous géré ce gros chantier au niveau organisationnel ?

CLIFF KUANG : Nous nous sommes initialement appuyés sur les équipes de Huge (NDLR : une grosse agence américaine de stratégie digitale) pour trouver la bonne approche. Nous avions déjà en tête de travailler sur l’aspect « modulaire » du site. Après 2 mois de « wireframing » avec Huge, nous avons pris le relai en interne. Pendant 8 mois, nous avons testé des prototypes plus avancés. Les bonnes et les mauvaises idées se sont décantées naturellement, pour aboutir à une version satisfaisante.

Quels sacrifices faut-il consentir pour unifier l’identité de plusieurs sites jusque-là distincts ?

C’est un challenge constant de gérer plusieurs sites sous une même marque. Mais notre priorité reste d’assurer une meilleure expérience utilisateur. Nous avons 4 verticales (NDLR : FastCompany, Co.Design, Co.Exist et Co.Create) qui doivent désormais partager un design cohérent, sans pour autant être totalement identiques. Par exemple, nous n’utilisons plus qu’une seule palette de typographies (NDLR : parmi les typographies historiques du magazine, seule la reconnaissable FC Kaiser — un format Condensed avec des angles hybrides — a été conservée pour les titres).

Lors de votre dernier redesign en 2012,  la continuité entre print et digital était considérée comme prioritaire. Est-ce toujours le cas aujourd’hui, alors que les formats numériques sont de plus en plus auto-suffisants ?

Le Web est évidemment auto-suffisant mais nous devons toujours préserver la cohérence graphique entre les différents supports. Nous nous efforçons de traduire l’idée que tous nos contenus émanent d’une marque unique et d’une vision éditoriale partagée.

En 2012, Twitter était votre première source de traffic. Est-ce toujours le cas, et plus largement, comment les réseaux sociaux ont-ils influencé votre re-design ?

Le « social media » est notre source primaire de traffic. Du coup, il nous a semblé judicieux de construire un nombre restreint de « modules », avec un design singulier. Notre identité est reconnaissable partout, même pour un utilisateur qui ne passerait jamais par notre homepage. C’est pour cela qu’on retrouve les mêmes modules un peu partout.

Que peut-on attendre des prochaines « itérations » de vos sites ?

Wait and see ! Nous allons probablement intégrer un module « News »  dans notre homepage. Le tout sera évidemment intégré à notre présence sur les réseaux sociaux.

Pour finir, envisagez-vous d’adopter une stratégie « freemium » ? Actuellement, vous proposez seulement une fonction liseuse aux abonnés numériques. N’y aurait-il pas une place pour des contenus numérique payants ?

Nous considérons toutes les options, d’autant que l’industrie continue d’expérimenter diverses tactiques de monétisation. Cela dit, j’espère que dans un futur proche, les éditeurs pourront s’appuyer davantage sur les revenus directs d’abonnement. Cela obligerait tout le monde à penser à la fidélisation des lecteurs, plutôt qu’au simple clickbait sur Facebook.

Pour lire mon point de vue sur le nouveau design de Fast Company, c’est ici.

 

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