Un des documents financiers les plus attendus de l’année est tombé ce week-end. L’occasion pour Bloomberg Business de tester un dispositif d’annotation collaborative.

Ce samedi, le milliardaire Warren Buffett a rendu publique sa fameuse lettre annuelle — une missive adressée aux investisseurs du fonds Berkshire Hathaway, et qui constitue une référence très attendue dans le monde de la finance.

Pas de surprise dans ces 30 pages d’analyse boursière. En revanche, le site Bloomberg Business a encore une fois démontré son savoir-faire créatif. Tandis que le Wall Street Journal se contentait d’une couverture « texte et vidéo » classique, le site flagship de Bloomberg a publié dès samedi la lettre de Buffett dans une version interactive, enrichie par une quarantaine de commentaires du journaliste Luke Kawa.

Avec cette forme inédite de décryptage « embedded », le journal parvient à expliciter un propos aride. L’occasion d’apprendre que Warren Buffet est relativement humble en affaires — et surtout un habile effort de vulgarisation journalistique.

Bloomberg Business - Annotated feature on Warren Buffett

L’interface de l’article intègre un lecteur PDF et un feed d’annotations alimenté par le journaliste de Bloomberg Business

La page propose un lecteur PDF enrichi d’un feed latéral d’annotations — à la façon de la plateforme collaborative Genius, qui ambitionne « d’annoter le monde » avec sa base de fidèles contributeurs.

Bloomberg Business utilise en fait TwoMargins, un service similaire mais réservé aux documents financiers. Le site se ré-approprie donc un outil de « crowdsourcing », dépendant de contributions amateurs. L’initiative est habile puisque l’interface apporte des clés de lecture inédites et adaptées aux néophytes de la finance. La mise en scène personnifiée de Luke Kawa renouvelle au passage la figure du journaliste – façon tech-friendly et ouvert au dialogue avec la communauté.

Car ce format éditorial est aussi un moyen d’engager les lecteurs, qui peuvent également annoter la lettre de Warren Buffett ou répondre au journaliste. On ne va pas se mentir, l’interactivité n’est pour l’instant que théorique. Le service TwoMargins est encore loin de la masse critique d’utilisateurs, nécessaire pour « démocratiser l’analyse financière ». Une ambition soutenue par un article publié en 2014 dans le WSJ (oui, ça ne s’invente pas). L’article de Bloomberg n’a d’ailleurs suscité aucune interaction pour le moment. Le potentiel est là, reste à savoir si le lecteur suivra.

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