Fort du succès de ses offres numériques, le Washington Post rajeunit son dispositif électoral avec un onglet inspiré du format « news feed ».

A suivre dans la rubrique Les élections, autrement.
Une série consacrée aux innovations éditoriales mises en place pour les présidentielles américaines.

Depuis fin janvier, le site web du célèbre journal politique est doté d’une nouvelle fonction qui vise à enrichir la couverture des élections présidentielles de 2016. Chaque article politique est désormais orné d’un (flamboyant) bouton flottant, qui fait apparaître un panneau défilant d’informations.

Appelée « Backdrop », la fenêtre est conçue comme un complément contextuel d’informations, alimenté quotidiennement en fonction de l’actualité. Les contenus sont variés mais toujours simples et accrocheurs : infographies, citations, récaps, vidéos… Un outil innovant, conçu pour apporter des éléments de « background » à des articles relativement arides. Le tout sans avoir à quitter la page.

Backdrop : Le Washington Post mise sur le format "news feed"

L’onglet « Backdrop » apparaît à droite de la fenêtre (ici, sur desktop).

Mobile-first

A l’évidence, les éléments ont été pensés pour un usage mobile. La majorité des contenus est d’ailleurs produite nativement pour l’onglet Backdrop. On note ainsi le recours aux vidéos verticales, popularisées par la plateforme Snapchat Discover (dont le WashPo n’est pas partenaire). En somme, un exercice de journalisme explicatif à la frontière du « news feed ».

Backdrop : Le Washington Post mise sur le format "news feed"L’onglet n’est toutefois pas un fil d’info déguisé qui serait greffé à tous les articles, précise Terri Rupar, journaliste en charge du projet. Le contenu de l’onglet est volontairement condensé — pas plus d’une dizaine d’éléments — et rafraîchi discrètement au gré de l’actualité. On est finalement assez loin d’un flux en continu façon Twitter.

Le mot d’ordre pour les équipes « produit » du WashPo ? Diversifier la couverture électorale sans obstruer l’expérience de lecture. On obtient au final une navigation multi-couches encore inhabituelle sur desktop. L’interface se rapproche en effet d’une application mobile, jusqu’à la composition graphique — inspirée de la philosophie « Material Design » chère à Google. Après consultation de l’onglet, le bouton « call-to-action » se fait nettement plus discret.

Stratégie aggressive

Accessible en un clic, la fonction permettra sans doute de retenir les lecteurs en quête d’un surplus de contexte — et donc susceptibles de se diriger vers Google ou Wikipédia. Il s’agit aussi de se différencier de la concurrence, alors que le Washington Post continue de creuser son avance en terme d’audience en ligne.

La stratégie numérique du journal a été couronnée de succès en 2015. Sous l’impulsion du nouveau propriétaire Jeff Bezos (hyperactif PDG d’Amazon), le site a multiplié les initiatives de rajeunissement de son offre digitale» : nouvelles applications, intégration sur Facebook et Kindle…

Avec 76 millions de visiteurs uniques en décembre dernier, le WashPo s’est payé le luxe de dépasser l’audience du New York Times. Fort de son avantage quantitatif et de son expertise « produit », le journal politique continue donc de bousculer les lignes… cette fois sur un terrain plus éditorial.

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